La drêche n’est pas un déchet car cette matière peut être revalorisée et réutilisée pour en faire un autre produit. Elle devient un résidu ou un déchet dès lors qu’elle est inutilisée et que son producteur s’en débarrasse en tant que déchet. En amont, il s’agit d’une ressource alimentaire nutritionnellement intéressante en alimentation humaine !

Il existe en réalité plusieurs différences entre tous ces termes : certains ont une définition juridique, d’autres sont usités dans un domaine d’activité spécifique, d’autres sont d’usage courant.

1. Déchet. Il est défini au sein du code de l’environnement, Article L541-1-1, dans les termes suivants : “toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation de se défaire”. Le cadre réglementaire actuel ne permet pas le recyclage de déchets en alimentation humaine. De ce fait, qualifier la drêche de “déchet” interdit son utilisation pour la fabrication de produits alimentaires destinés à la consommation humaine : nous évitons d’utiliser ce terme pour nos matières premières !

2. Sous-produit : au même titre que le déchet, il existe une définition juridique de ce terme en droit français, détaillée dans l’Article L.541-4-2 du Code de l’environnement :

Une substance ou un objet issu d’un processus de production dont le but premier n’est pas la production de cette substance ou cet objet ne peut être considéré comme un sous-produit et non comme un déchet au sens de l’article L. 541-1-1 que si l’ensemble des conditions suivantes est rempli :

  • l’utilisation ultérieure de la substance ou de l’objet est certaine ;
  • la substance ou l’objet peut être utilisé directement sans traitement supplémentaire autre que les pratiques industrielles courantes ;
  • la substance ou l’objet est produit en faisant partie intégrante d’un processus de production ;
  • la substance ou l’objet répond à toutes les prescriptions relatives aux produits, à l’environnement et à la protection de la santé prévues pour l’utilisation ultérieure ;
  • la substance ou l’objet n’aura pas d’incidences globales nocives pour l’environnement ou la santé humaine.

Les opérations de traitement de déchets ne constituent pas un processus de production au sens du présent article.

Toutefois, le terme “sous-produit” introduit une hiérarchisation négative relative au produit. C’est pourquoi nous évitons également de l’utiliser.

3. Co-produit : le terme « coproduit » n’est pas défini en droit français. Selon l’enquête sur les gisements et la valorisation des coproduits issus de l’agro-industrie réalisée par l’ADEME et le RESEDA, le coproduit est inévitable et répond à des spécifications techniques bien définies. Il peut dans certaines filières être considéré comme un produit à part entière, disposant d’un marché et d’une cotation. Ainsi, la définition et l’utilisation du terme “coproduit” relève plutôt d’un consensus entre professionnels.

La filière “drêche en alimentation humaine” étant encore émergente, il n’existe pas de spécifications techniques définies. C’est pourquoi nous évitons également le terme de “coproduit” !

Source : ADEME, Panorama des coproduits et résidus biomasse à usage des filières chimie et matériaux biosourcés en France, 2015.

4. Résidu : ce dernier terme est issu du langage courant, il désigne “ce qui reste”. Peu valorisant, nous avons choisi d’éviter de l’utiliser, comme les autres.

Voilà pourquoi chez Brewsticks, vous nous verrez parler de la drêche comme étant une “ressource alimentaire”, une “matière première”, une “pulpe concentrée en fibres et protéines”, un “ingrédient nutritionnellement intéressant”, etc. En bref, des termes qui nous semblent plus adaptés à ce que contient la drêche et plus valorisants !